Facebook Ads

Pourquoi le ROAS est une métrique toxique (et quoi utiliser à la place)

Charley T a géré plus d’un milliard de dollars de dépenses publicitaires sur Meta. Il a contribué à créer les outils natifs de Facebook — CBO, Dynamic Creative, Power 5. Et son verdict est sans appel : optimiser votre ROAS est probablement la pire chose que vous puissiez faire pour votre business.

Si vous gérez des campagnes Meta Ads, vous avez sûrement passé des nuits à surveiller votre ROAS comme s’il s’agissait d’une boussole sacrée. Un ROAS à 3, c’est bien. Un ROAS à 5, c’est excellent. Un ROAS qui chute ? Panique.

Mais et si cette métrique que tout le monde suit religieusement était en train de vous mener droit vers l’échec ? C’est la thèse que défend Charley T — surnommé le “Facebook Disruptor” — dans une interview explosive qui remet en question les fondements de la publicité digitale.

1. Le problème fondamental avec le ROAS

Le ROAS (Return on Ad Spend) mesure le revenu généré pour chaque euro dépensé en publicité. Un ROAS de 4 signifie que pour 1 € investi, vous générez 4 € de chiffre d’affaires. Ça semble logique. Ça semble utile. C’est là que le piège se referme.

Le problème : Le ROAS mesure le chiffre d’affaires, pas le profit. Un ROAS à 4 sur un produit avec 20 % de marge nette vous fait perdre de l’argent. Un ROAS à 2 sur un produit à 60 % de marge vous enrichit. Pourtant, la plupart des media buyers optimisent pour le premier scénario.

En optimisant votre ROAS, vous forcez l’algorithme de Meta à chercher les acheteurs les plus faciles — ceux qui convertissent au moindre coût, et non ceux qui ont la plus forte valeur à long terme. Vous appauvrissez votre audience, vous réduisez votre reach, et vous créez une dépendance artificielle à des promotions et des remises.

“Le ROAS est une métrique de vanité. Il vous dit si vous avez vendu. Il ne vous dit pas si vous avez gagné de l’argent.” — Charley T, The Facebook Disruptor

2. Les vraies métriques à suivre : PSM et GPT

Charley T propose deux indicateurs financiers qui remplacent avantageusement le ROAS dans toute décision de scaling.

PSM — Profit per Session on Marketing

Le PSM mesure le profit réel généré par session, en tenant compte de votre structure de coûts complète : coût des produits, logistique, frais de plateforme, et dépenses media. C’est la première mesure qui vous dit si chaque euro dépensé en publicité est véritablement rentable pour votre business.

GPT — Gross Profit per Transaction

Le GPT mesure le profit brut moyen par transaction. Il permet de comparer vos campagnes non pas en termes de revenu généré, mais en termes de profit créé. Une campagne avec un ROAS faible peut avoir un GPT excellent si elle attire des clients à forte valeur panier ou forte marge.

Ensemble, PSM et GPT vous donnent une vision financière réelle de vos campagnes. Ils permettent de répondre à la seule question qui compte : est-ce que mes ads me rendent plus riche ou plus pauvre ?

📊 Comparatif des métriques

  • ROAS — Mesure : Revenu ÷ Dépense pub — ⚠️ Limite : ignore la marge, les coûts et la LTV
  • CPA — Mesure : Coût par acquisition — ⚠️ Limite : ne dit rien sur la qualité ou la valeur du client
  • PSM — Mesure : Profit réel par session marketing — ✅ La métrique de référence pour piloter vos budgets
  • GPT — Mesure : Profit brut par transaction — ✅ Le complément indispensable du PSM pour évaluer la qualité de chaque vente

3. La méthode 3:2:2 — laisser l’algorithme travailler

Plutôt que de créer des dizaines de variantes et d’essayer de deviner ce qui va performer, la méthode 3:2:2 consiste à structurer un volume minimum d’actifs créatifs et à laisser l’algorithme de Meta faire le travail de sélection.

  1. 3 formats créatifs différents — vidéo produit, témoignage client, contenu éducatif. L’objectif est de couvrir 3 angles d’approche distincts.
  2. 2 hooks par format — les premières secondes sont déterminantes. Tester 2 hooks différents permet d’identifier ce qui accroche l’audience.
  3. 2 body copy par hook — une fois l’attention captée, le message de vente doit être testé dans 2 versions pour optimiser la conversion.

Le résultat : 12 combinaisons testées simultanément, avec suffisamment de signal pour que Meta identifie les gagnants en quelques jours. Pas de micro-gestion. Pas d’AB test manuel. L’algorithme optimise, vous scalez les gagnants.

4. La “One Campaign Method” : la simplicité comme avantage compétitif

Charley T a une conviction forte : la complexité des structures publicitaires est souvent une illusion de contrôle entretenue par des agences dont le business model dépend d’une gestion chronophage et opaque.

La One Campaign Method repose sur un principe radical : une seule campagne, avec un budget large et une créa constamment renouvelée. Aucun silo d’audience. Aucun ciblage détaillé. Meta dispose aujourd’hui d’algorithmes suffisamment puissants pour trouver les bons acheteurs — à condition de lui donner les bons signaux (créas) et les bonnes informations (données de profit, pas de ROAS).

Le piège des agences “dealers d’héroïne” : certaines agences créent délibérément des structures complexes et des dépendances techniques pour rendre leur client incapable de s’en passer. La One Campaign Method est une réponse directe à cette pratique — elle donne au brand owner une structure compréhensible, auditable et scalable.

5. Business vs Media Buying : la distinction qui change tout

L’une des leçons les plus importantes de Charley T est aussi la plus simple : un bon compte publicitaire ne peut pas sauver un mauvais business.

Beaucoup de marketeurs pensent que si les résultats sont décevants, c’est la faute de la stratégie d’achat media — du ciblage, de la structure, du budget. Mais si l’offre est mauvaise, les marges inexistantes, ou le produit incapable de fidéliser, aucune optimisation publicitaire ne compensera ces lacunes fondamentales.

En revanche, un business solide — une offre claire, une marge saine, un bon taux de rétention — amplifie naturellement les résultats d’une stratégie media cohérente. Les ads sont un accélérateur, pas un constructeur.

Avant de scaler, posez-vous ces 4 questions :

  • Votre offre est-elle suffisamment différenciée pour justifier son prix ?
  • Votre marge brute est-elle suffisante pour absorber les coûts d’acquisition ?
  • Vos clients reviennent-ils acheter spontanément sans ads supplémentaires ?
  • Avez-vous une page de vente qui convertit à froid ?

6. Que faire quand les performances chutent ?

Toutes les campagnes connaissent des baisses de performance. Le réflexe classique est de toucher à la structure — modifier les audiences, changer les budgets, réorganiser les ad sets. Selon Charley T, c’est généralement la pire chose à faire.

La chute de performance a dans 90 % des cas une seule cause : la fatigue créative. L’audience a vu la même créa trop souvent, le signal se dégrade, Meta affecte moins de budget. La solution n’est pas structurelle, elle est créative. Voici le protocole à suivre :

  1. Identifier la date de début de la baisse et la corréler avec l’ancienneté des créas en diffusion.
  2. Lancer 3 à 5 nouveaux actifs créatifs sans modifier la structure ni le budget.
  3. Observer pendant 5 à 7 jours. Si la performance remonte, la cause était bien la fatigue créative.
  4. Si la baisse persiste, analyser les métriques business (offre, landing page, saisonnalité) avant de modifier quoi que ce soit côté account.

7. L’IA et l’avenir du media buying

Sur la question de l’intelligence artificielle, Charley T n’est ni alarmiste ni naïf. Les créas générées par IA vont progressivement démocratiser la production de contenu publicitaire et accroître le volume de tests possible pour chaque budget. Mais cela changera également la compétitivité : si tout le monde peut produire 100 créas par semaine, le différenciateur ne sera plus le volume, mais l’insight stratégique sur l’audience et l’offre.

Son conseil : utiliser l’IA pour accélérer la production créative, mais investir encore davantage dans la compréhension profonde de son client idéal. C’est cette connaissance que l’IA ne peut pas remplacer — encore.

Conclusion : la simplicité comme philosophie

Au fond, le message central de Charley T n’est pas seulement technique. Il est presque philosophique : la complexité dans la gestion des ads est souvent une réponse émotionnelle à l’anxiété des mauvais résultats — pas une solution stratégique.

Les meilleurs media buyers ne sont pas ceux qui maîtrisent le plus d’outils. Ce sont ceux qui comprennent leur business assez profondément pour savoir quand intervenir, et quand faire confiance à l’algorithme.

Arrêtez de courir après le ROAS. Commencez à construire un business qui a besoin de vos ads — pas des ads qui compensent les faiblesses de votre business.

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